À l'âge opalin
Où les têtes se penchent
Comme des boules de ouate blanche
Sillonnant des petits jardins
Où seul Merlin était enchanteur
Où les visages rêveurs
Se chiffonnent et se glacent
Comme des grimaces originaires
Du fin fond de la terre
Où les ambitions trépassent
Où les désirs cristallins
Se cassent
Où l'onguent de la jouissance
Devient trop onéreux
Où les âmes omniscientes
Avèrent des aptitudes opiniâtres
Quand les esprits hagards
Obèrent des regards qui halètent
Quand les squelettes croulent
Vieux comme des maisons
Des vestiges en désolation
Quand le passé opaque
Ne prévient plus de l'avenir
Le temps n'est plus qu'un tic-tac très long
Le présent un virtuel ennui
Avec ma tête qui penche
Comme une boule de ouate blanche
Seule au sommet
Du mont de la sénescence
Mes amis mes amours mes compagnons d'errance
Je vous ferais ma révérence